Des opérations gratuites contre les Fistules obstétricales au CHU

C'est le désir de toutes les femmes, donner la vie. Mais pour certaines, ce vœu ardent, une fois réalisé, finit par se transformer en véritable cauchemar à cause une communication anormale entre la vessie et le vagin (fistule vésico-vaginale) ou entre la vessie et le rectum (fistule vésico-rectale).

Le dysfonctionnement survient à la suite d'une grossesse compliquée, pendant un accouchement prolongé ou à la suite d'un avortement, d'après le Dr. Pierre Marie Tebeu, gynécologue, obstétricien au Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHU). Un incident qui finit par gâcher toute une vie à cause de ses manifestations : écoulement continuel d'urine et sortie non contrôlée d'excréments par voie vaginale.

Incapables de se faire soigner, beaucoup de femmes sont souvent repoussées par leurs époux ou partenaires et évitées par leurs communautés. A cause de ce rejet et de cette humiliation permanente, 15% des victimes ont déjà pensé à se donner la mort selon notre source. C'est donc pour redonner du sourire à ces femmes qui souffrent pour avoir mis au monde un enfant, que le CHU organise depuis le 20 février dernier, ce jusqu'au 24, une campagne de dépistage et d'opération gratuite des fistules obstétricales. Depuis l'ouverture, de nombreuses mères ont déjà été consultées et deux opérées, portant à près de 75, les patientes ayant été soulagées depuis le lancement de l'opération en 2009.

Seulement, explique notre source, décelé précocement, le dysfonctionnement peut être réparé. Mais tardivement, seule une intervention chirurgicale est salutaire. Celle-ci n'étant pas à la portée de toutes les bourses, il est préférable de mettre l'accent sur la prévention. C'est dans cette lancée que le Dr. Pierre Marie Tebeu, invite les familles à éviter les mariages et les accouchements précoces. Il indique qu'un « développement insuffisant du bassin d'une fille, ne facilite pas le passage aisé du nouveau-né, prolongeant la durée de l'accouchement. Si la césarienne n'est pas effectuée, la pression prolongée qu'exerce la tête du bébé contre le bassin de la mère, interrompt l'afflux du sang dans les tissus entourant ces différentes ». En retardant la première naissance, dit le gynécologue, on réduit les risques d'accouchement prolongé, causes des fistules. Il demande, par ailleurs, aux femmes, de respecter le planning familial, de faire des consultations prénatales et d'éviter d'accoucher à domicile. Un personnel qualifié prompt à délivrer une femme par césarienne, participerait également à réduire la prévalence de ces cas de fistules obstétricale, ôtant parfois la vie de la mère et de celle de d'enfant.

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