Le grand banditisme fait des centaines de victime à Garoua

L'on les croyait revenus à des sentiments un peu plus réservés ou modérés, mais que non. Les gangsters sont revenus plutôt en force dans la ville de Garoua et il est légion d'entendre parler d'agression, de vol, de viol, d'intimidations multiformes. Tout le monde est victime : enfants, jeunes, adultes et hommes du troisième âge, ce, sans aucune distinction sociale, religieuse ou tribale.

Mais si les gangsters ont triplé d'ardeur dans leurs activités, c'est en raison du fait qu'ils ciblent désormais le butin qui « passe » : véhicules et ordinateurs portables qui leur est facile d'avoir ; et pour cause, ils possèdent des armes à feu. Garba Mowalma, agent comptable auprès d'une banque dans la ville, avait pourtant garé son véhicule de marque Toyota Rav 4 devant l'édifice qui abrite le bureau régional de sa banque à Garoua, avant de se rendre compte à midi lorsqu'il fallait sortir pour prendre sa pause que son véhicule n'était plus en place. Malgré de nombreuses démarches entreprises par lui auprès des forces de l'ordre et de sécurité, les voleurs sont faits invisibles.

Lawal Tanko, médecin exerçant dans la ville à failli se trouver interné dans ses propres urgences, le week-end dernier. Son cross-over a disparu devant ses yeux alors qu'il consultait une patiente. « ça fait franchement mal de perdre sa voiture comme ça. Je consultais une dame, et par la vitre de mon cabinet, j'ai vu deux individus forcer la portière de ma voiture et la démarrer. Avant que je ne les rejoigne, ils s'en étaient allés. »

C'est environ quelques 305 plaintes qui ont été enregistrées dans les divers services de police et gendarmerie de la ville en l'espace d'un mois. Il est question tout simplement de combattre le phénomène avec la dernière énergie. Une situation qui n'honore pas la région du Nord en général et la ville de Garoua en particulier. Des informations glanées ça et là pointent un doigt accusateur sur un contingent de prisonniers ayant bénéficié récemment des remises de peine. Ils sillonnent les bureaux de la capitale régionale se cachant derrière le statut d'usagers alors même qu'ils sont des loups aux dents longues.

A l'heure où les autorités préfectorales élaborent des stratégies pour contrer ces hommes de mauvais aloi, plusieurs usagers commencent à perdre foi, ou décrédibiliser les forces du maintien de l'ordre. Certains croient que ces bandits qui presque toujours réussissent leurs coups, ne se font jamais appréhender, connaissent une « main présente » d'hommes de la loi. Quoiqu'il en soit, les habitants de Garoua attendent un Hercule qui viendra arrêter tout ce chaos.

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