Marie Nga : 9 ans et vendeuse d’invendus de journaux

La fillette exerce ce commerce depuis deux ans.

Il est à peine 6h 10 mercredi dernier et Marie est prête à aller au travail. Sur sa tête, une pile de journaux, 50 environ, pesant au moins deux kilos.
Elève au cours préparatoire à l'école publique d'Ekounou, Marie a la tâche de ramener cette semaine 10000 Fcfa à son oncle Fabrice vivant aussi dans le même domicile qu'elle à Ekounou. Elle vend un paquet de cinq invendus à 100 F Cfa et ses principaux clients sont les vendeurs de beignets, de pain, etc., du marché Mvog-Mbi. Marie Nga a sans doute rêvé d'une enfance plus colorée que ce qu'elle vit. Mais le destin en a décidé autrement. Elle se retrouve vendeuse d'invendus de journaux à 9 ans.

Pendant la période des cours, elle a pris l'habitude de réviser ses leçons le soir vers 19h. Elle ne voudrait pas que son activité soit un obstacle à son éducation scolaire. Quand elle commence l'école à midi, comme c'est le cas cette semaine, elle part au marché très tôt le matin et revient vers 11h pour s'apprêter et aller en classe. La semaine où elle part à l'école à partir de 7h30, elle se rend au marché vers 14h.

Orpheline depuis six mois, Marie sait que la vie ne lui a pas fait de cadeau : « Mon père est manœuvre dans un chantier. Il habite le quartier Odza et vient rarement nous rendre visite », explique Marie. « Ngono », de son petit nom, a accroché à son cou une pochette en cuir. Dedans, 100 F Cfa. Cette somme va lui servir pour son petit déjeuner. Son petit frère, Dominique, âgé de cinq ans, est inscrit à l'école maternelle d'Olézoa en grande section. Lui aussi s'est levé de bonne heure pour aider « Ngono » à ranger les journaux. La famille maternelle de Marie est originaire de Biteng, une banlieue de Yaoundé. Plutôt que de vivre au village, sa défunte mère, Angèle B, avait décidé de rejoindre sa famille au centre-ville pour donner une meilleure éducation à sa progéniture. Mais, moins de quatre ans plus tard, elle décède des suites d'un accouchement. Le nouveau-né aussi.

La famille maternelle, où vit Marie, n'a pas assez de moyens financiers pour couvrir toutes les dépenses de la maisonnée. Son oncle Fabrice, tenancier du commerce d'invendus de journaux, a tenu à l'initier à la débrouillardise depuis deux ans. Il est certes vrai que les enfants de son âge sont déjà au secondaire, mais elle tient plus que tout à faire valoir de quoi elle est capable. « J'ai souvent de très bonnes notes en dictée. En dehors du calcul mentant qui est dur, le français est vraiment ma matière préférée », ajoute-elle.

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