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Accidents routiers : Les morts et victimes encore trop nombreux

Forces de maintien de l'ordre et civiles partagent chacun à divers degrés, les responsabilités des drames de chaque jour.

En janvier dernier, le ministre de la santé publique, André Mama Fouda, annonçait environ 2 000 décès sur près de 8.000 accidents de la route en 2011 au Cameroun. La déclaration avait été faite à l'occasion du lancement par le Premier ministre, Philemon Yang, du chantier de construction d'un Centre national des urgences. Aussi, environ 100 000 personnes vivent avec un handicap physique des suites d'un accident de circulation. Des chiffres alarmants et assez expressifs pour décrier l'urgence d'agir face de la situation critique, souvent provoquée par de nombreux facteurs.

Les plus indexées par les populations sont les forces de maintien de l'ordre. Celles-ci sont généralement accusées de fermer les yeux sur les infractions routières constatées, contre modique somme d'argent. Ce qui laisse aller et venir des dangers ambulants et criminels de tous bords à leur aise. L'administration est également indexée dans le cadre de l'établissement des permis de conduire. Nul n'ignore en effet que malgré les mesures étatiques pour réguler la situation, des permis de conduire continuent d'être attribués de façon aléatoire, contre rançon oscillant entre 30 et 50 mille Fcfa. D'où l'ouverture des portes aux tombeaux sur les routes.

Par ailleurs, les civiles ne sont pas en reste. Généralement c'est à l'usage du revers tranchant de l'épée de Machiavel que les automobilistes se mettent en règle. Lors du Conseil de cabinets du mois de juin, que présidait Philemon Yang à Yaoundé la semaine dernière, le ministre des Transports Robert Nkili, dénonçait encore l'anarchisme qui caractérise le secteur des motos taxis dans les villes de Yaoundé et Douala. Ici, on dénombre 10 000 chauffeurs enregistrés sur les 100 000 mille que compte la ville. Côté transports urbains, ce n'est pas la grande quiétude. Quand on sait que de simples mécaniciens se retrouvent taximen sans transition, il y a de quoi se faire du souci. Aussi observe-t-on les comportements des taximen tels des animaux dans une jungle lorsqu'ils sont sur les routes. Personne ne veut céder le passage, on s'insulte, on se fonce dessus et puis malheureux ceux qui en viennent à en payer les pots cassés. Dans les agences de transports interurbains, ce n'est pas le paradis. Samedi dernier, un gros porteur d'une agence de la place est tombé en panne sur l'axe lourd Yaoundé-Bafia, et y a passé toute la journée. Ce qui est très souvent dû soit au mauvais entretien des véhicules, soit à leur vétusté.

Répression

Entre autres mesures prises pour régulariser la situation, un communiqué du ministre des Transports, publié la semaine dernière, donnait deux mois aux agences de transports interurbains que sont Binam Voyages, Garanti Express et Central Voyages, pour se conformer à la réglementation en vigueur dans leur secteur d'activités. Il leur est entre autres reproché la vétusté des véhicules, l'absence d'agréments relatifs à l'ouverture desdites agences, le peu de souci accordé au confort des passagers, la précarité permanente du personnel naviguant et administratif. Robert Nkili a également suggéré la répression contre l'incivisme des motos taximen. Il prend à titre d'exemple le bon fonctionnement de celle-ci sur les transports, depuis le resserrement du contrôle de la gendarmerie sur les axes Yaoundé - Douala - Bafoussam - Yaoundé. Le patron des transport a par ailleurs affirmé que cette mesure a abouti à la réduction du nombre de morts des suites d'accidents de circulation. Robert Nkili propose également l'introduction des tramways à Yaoundé et Douala.

Avant ces dispositions de nombreuses autres avaient déjà été prises par le gouvernement en vue de palier aux problèmes liés à l'insécurité sur les routes. Il s'agit entre autres de l'instauration des badges pour tous les taximen, de la récente introduction des radars de contrôle de vitesse des véhicules sur l'axe lourd Yaoundé - Douala... Aussi, des campagnes de prévention et de sécurité routières s'intensifient chaque jour sous la houlette de Jean Baptiste Bokam, Secrétaire d'Etat à la Défense, chargé de la Gendarmerie nationale. Elles ont pour but d'accentuer le contrôle et la répression des infractions routières de la gendarmerie nationale.

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